Washington dénonce l’usage persistant de la torture par les autorités marocaines dans les territoires sahraouis occupés



WASHINGTON- L’usage de la torture et le recours aux arrestations arbitraires par les autorités marocaines restent très répandus dans les territoires sahraouis occupés, a dénonce mercredi le Département d’Etat américain dans son rapport annuel sur les droits de l’Homme dans le monde.

Le document consacré au Sahara Occidental, qui retrace les violations des droits dans les territoires occupés durant l’année 2015, fait état de la multiplication des traitements « inhumains » et « dégradants » infligés au prisonniers sahraouis.

Citant un rapport d’Amnesty international, le Département d’Etat a relevé que « la torture pendant la garde à vue demeure persistante, encouragée par l’impunité généralisée ».

Le Département d’Etat s’est appuyé sur un autre rapport du groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire d’août 2014 qui a révélé plusieurs plaintes de détention arbitraires émanant de la prison de Laâyoune occupée.

Au cours de l’année 2015, les autorités marocaines ont rejeté la majorité des plaintes déposées par les victimes de violations des droits humains et ne comptaient que sur la version des faits présentée par la police marocaine, a indiqué le Département d’Etat qui a dénoncé à ce propos le refus des représentants du gouvernement marocain de fournir des informations sur l’issue des plaintes.

Le rapport a noté que les tribunaux au Sahara Occidental n’étaient pas indépendants, la corruption et l’influence extrajudiciaire ont affaibli davantage leurs pouvoirs.

Loin d’être un phénomène nouveau, l’arrestation arbitraire au Maroc s’est amplifiée en 2015 illustrée par le cas de Mbarek Daoudi, un ancien militant des droits de l’Homme a qui les autorités marocaines ont refusé la liberté après avoir purgé sa peine de prison.

Le gouvernement marocain qui nie l’existence de prisonniers politiques maintient toujours en détention 22 sahraouis condamnés par un tribunal militaire marocain dans les protestations de Gdeim Izik.

Le tribunal militaire s’est appuyé sur « des aveux arrachés sous la torture » pour les condamner, a-t-il souligné.

Par ailleurs, le Département d’Etat a condamné les restrictions imposées à la presse dans les territoires occupés, où des journalistes ont été « harcelés, expulsés, ou emprisonnés pour avoir défendu une vision différente de la position officielle marocaine à l’égard du statut du Sahara Occidental ».

Mahmoud Al Haissan, journaliste à la chaîne de télévision du Front Polisario a été arrêté, alors qu’il filmait la dispersion violente d’une manifestation pacifique à Laayoune. Libéré après huit mois de détention, Al Haissan a été poursuivi jusqu’a la fin de l’année dernière pour les mêmes faits, a indiqué le Département d’Etat qui cite un autre rapport de reporters sans frontières (RSF).

Les journalistes étrangers doivent avoir l’approbation du ministère de la communication marocain pour rencontrer des militants sahraouis.

Par ailleurs, les autorités marocaines ont interdit en 2015 la tenue de rassemblements publics ainsi que l’organisation de manifestations pacifiques et refusé également l’accès aux soins pour les manifestants blessés, a souligné le rapport qui a décrié l’utilisation de la force excessive pour réprimer les manifestants.

Dans les territoires sahraouis occupés, la corruption est devenue monnaie courante pratiquée à grande échelle par des militaires marocaines qui utilisent leurs pouvoirs d’influence pour obtenir un accès préférentiel aux licences de pêche ou des contrats lucratifs pour l’exploitation du sable.

Le Département d’Etat a précisé qu’en 2015? il n y a eu aucune enquête de grande envergure sur les affaires de corruption dans les territoires sahraouis occupés.

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